6 Questions à… Arnaud Lemort

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Arnaud Lemort est réalisateur et scénariste. Après des débuts au café théâtre et à la radio en tant qu’auteur et metteur en scène, il co-réalise avec Dominique Farrugia son premier long-métrage « L’amour c’est mieux à deux » en 2009. Ce mercredi 2 mai sort son deuxième film « Dépression & des potes » avec Fred Testot, Jonathan Lambert et Arié Elmaleh. Avec un titre pareil, Arnaud Lemort ne pouvait pas échapper au questionnaire de la Grande Dépression ! Merci à lui !

Le morceau de musique où vous aimez noyer votre chagrin ?
Sans aucun doute « I mio refugi »o de Richard Cocciante. Je l’écoute en revoyant les images de ce chef d’oeuvre de Patrice Leconte « Tandem » avec Jean Rochefort et Gérard Jugnot (sans sa moustache), deux immenses acteurs dans ce film. Les italiens sont assez forts pour faire pleurer dans les chaumières. Dans mes moments un peu down, j’avoue que je peux me passer quelques morceaux de l’immense chanteur et révolutionnaire Adriano Celentano. Attention, je ne dis pas que tous les chanteurs italiens arrivent à me tirer des larmes. Avec Frédéric François, ça marche moins par exemple. Enfin, 35 millions d’albums vendus quand même. Il a dû en faire pleurer plus d’une…

La déprime est-elle source de création ?
La déprime n’est absolument pas source de création pour moi. La déprime est source d’alcoolisme et d’inactivité. La création demande une énergie folle. J’ai besoin d’être heureux pour me mettre au travail. Je ne bosse jamais la nuit, dans des ambiances glauques. J’ai besoin de me lever tôt, de prendre un bon petit déj et de me dire, allez, c’est parti va bosser mec ! Ecris des belles histoires, des bonnes situations et des bons dialogues. Le truc romantique de la déprime pour créer, ça fonctionne entre 19 et 22 ans (25 ans pour les plus attardés). On écrit des chansons et des poèmes en se prenant pour Rimbaud. Quand on relit, c’est quand même plus proche des paroles de chanson d’un album de Lorie. (C’est un exemple au hasard, je n’ai rien contre Lorie !)

Votre artiste dépressif(ve) préferé(e) ?
Serge Gainsbourg. J’admire ce gars qui vivait dans un état second en permanence pour masquer sa timidité maladive et son mal être gigantesque. Je trouve ça fou que ce gars ait fait de sa vie artistique ratée (c’est lui qui le disait, pas moi), un chef d’oeuvre. Il était brillant, élégant et très malin. Il chopait les mouvements musicaux à la mode pour se les approprier et les sublimer. On ne disait pas c’est du reggae, mais c’est du Gainsbourg. Je pense, mais peut-être, je me trompe, que ce gars devait pondre en deux heures, ce que d’autres mettent plusieurs semaines à essayer d’approcher. Respect total. Pour paraphraser Daniela Lumbroso, je dirais « Il nous manque ».

Un film qui vous file le bourdon à chaque fois ?
Ça ne risque pas d’arriver, car un film qui me file le bourdon, je ne le revois pas. Ce que je peux vous dire, c’est que les films « made in années 50 » dans une France bien blanche, béret, baguette et bons sentiments me foutent un gros gros bourdon et j’admire les réalisateurs qui passent trois ans de leur vie à accoucher de ces odes à la nostalgie du « c’était mieux avant ». J’adore la mélancolie, mais la nostalgie me tétanise.

La chanson ou l’artiste qui est un phare pour vous en cas de déprime ?
Pas très original, mais Les Doors… Il y a peu de groupes où tu peux laisser tourner l’Ipod et qui enchaînent autant de bons titres… à part les BB brunes. Evidemment !

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