Aokigahara, la forêt des suicides

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Dans le film de Louis Malle, « Le Feu Follet », le héros inscrit sur un miroir la date à laquelle il va mettre un terme à sa vie. Check pour la date. Mais pour le lieu ? « Laisse moi réfléchir »… Pourtant, la France ne manque d’endroits bucoliques et romantiques pour se foutre en l’air. Je pense bien sûr au fameux Pont des Suicidés des Buttes Chaumont à Paris, 22 mètres de haut. « Ah c’est vrai, mais il est grillagé ! » Bon il en existe un autre du coté de Brest. « C’est trop loin. » Bon bah La Tour Eiffel alors, une centaine de personnes ont déjà fait le grand saut depuis sa création. « Ok mais là il y a une file d’attente d’au moins une heure. » Il reste le métro ou le RER. C’est pas très glamour et puis tout le monde va encore gueuler sur les dépressifs qui sont égoïstes patati patata… « Trop compliqué de trouver un bon spot de suicide ! J’abandonne !»

On serait au Japon, on ne se poserait pas la question : on irait directement au pied du Mont Fuji, dans la l’immense forêt Aokigahara, surnommée « la mer d’arbre », car c’est ici, que plus de 300 japonais viennent s’ôter la vie chaque année.

Qu’est-ce qui poussent autant de personnes à venir se suicider dans cette forêt ? Tout démarre par une nouvelle de l’écrivain Seicho Matsumoto (une sorte de Georges Simenon nippon) datant de 1959 qui raconte l’histoire d’une jeune femme malheureuse qui décide d’en finir et de disparaître dans la forêt d’Aokigahara. Cependant, les autorités japonaises imputent principalement la faute sur un homme et un livre, Wataru Tsurumi et son sordide « Manuel Complet du Suicide », sorti en 1993, qui s’inspire de la nouvelle et recommande chaudement « la mer d’arbres » parce que « votre corps sera introuvable et vous serez effacé lentement de la mémoire collective ». Notez l’élégance japonaise à aller disparaitre dans un endroit où ils ne gênent personne.

Si d’aventure, vous aviez l’idée d’aller vous promener dans cette forêt, vous risqueriez de faire de macabres découvertes, je vous passe les photos (fake ou non ) que l’on trouve sur Google. A coté, Walking Dead c’est un épisode des Télétubbies. On peut également tomber sur des « trésors », comme ce réalisateur, venu faire un repérage pour son film qui a trouvé un portefeuille garni de 370 000 Yens. L’histoire ne dit s’il a gardé l’argent pour financer son film…

Dans la forêt, situation compliquée avec The Cure et A Forest.

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