Les cadenas d’amour du Pont des Arts vont enfin disparaître

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La Mairie de Paris souhaite retirer les cadenas du Pont des Arts pour des raisons de sécurité. Retour sur un phénomène à la con.

Depuis juillet 2008, si t’es amoureux en balade sur Paris, il est une tradition bien couillonne : celle d’accrocher un cadenas au pont des Arts (ou au pont de l’Archeveché ça marche aussi) et d’en jeter la clé dans la Seine afin de sceller son amour pour toujours. C’est une sorte d’union low cost, un cadenas coûtant moins cher qu’une paire d’alliance. Si vous vous quittez, vous devez bien évidemment venir scier votre cadenas. Malheureusement personne ne le fait ! Comme d’habitude. Résultat : le pont des Arts est fragilisé par le poids des amours éteints.

Ah oui parce que, moi, quand je regarde ces grilles surchargées comme une rame de la ligne 13 un lundi matin, je ne vois que des cadenas appartenant à des couples séparés. Qui peut croire qu’un cadenas va éviter que votre mec ou votre meuf vous trompe avec la voisine ou le voisin ? Je peux même déterminer par un savant calcul le temps qu’il reste à un couple cadenassé avant de se séparer. Généralement, c’est le genre de couillonnerie qu’on fait au début, dans ce-cas là, je suis tombé sur des délais de 5 à 7 mois. Pour des couples plus soudés, on tourne quand même, sur du 1 an voire 2 ans avant qu’ils rompent.

Au fond, j’ai toujours su que le poids des cadenas finirait par fragiliser ce pont qui n’a des Arts que le nom. Je l’espérai même. Dés 2010, à ma grande surprise, la Ville de Paris prend le problème au sérieux mais souhaite y aller en douceur et ne veut pas scier des cadenas au hasard pour ne pas salir son image. Oui parce qu’imaginons que le technicien en découpe un d’un couple encore ensemble, le couple peut très bien se retourner vers Bertrand Delanöé et réclamer des dommages et intérêts. C’est normal.

Chose amusante qui n’a fait rire personne à l’époque, en mai 2010, un étudiant des Beaux Arts a coupé tous les cadenas en une nuit, pour en faire une sculpture. Son geste serait à prendre comme un signe de protestation contre cette tradition jugé trop fleur bleue.

Moi, le jour où ils prennent vraiment la décision de démonter toutes les grilles avec les scies circulaires et de découper  ces centaines de millers de cadenas façon puzzle, je viens avec mon pop corn. C’est l’anti Saint-Valentin.

Parait-il que le lobby de fabriquants de cadenas et le lobby des amoureux qui cadenassent leur amour se seraient unis pour faire pression sur le gouvernement pour ne pas remplacer les grilles par des plaques en métal où l’on ne pourra plus rien accroché. Autant dire que mon rêve ne va pas se réaliser tout de suite. C’est pas grave, je n’y vais jamais aux Ponts des Arts, c’est moche.

3 Comments

  1. carine 28 août 2013
  2. Zac Harry 25 avril 2014
  3. Yves 26 avril 2014

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