Pourquoi y’a t-il autant de suicide en France ?

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C’est à cette question que va tenter de répondre l’Observatoire National du Suicide, lancé en catimini la semaine dernière par la ministre de la Santé Marisol Touraine. Que doit-on en penser ?

Le constat est simple. Chaque jour, 27 personnes se suicident en France. Et 700 tentent de le faire.

Le manque de prévention est pointé du doigt.

Mais par dessus tout, c’est la méconnaissance du suicide « Made in France » qui empêche de réaliser une bonne prévention. C’est vrai après tout, en dehors de quelque statistiques, personne ne connait vraiment les goûts des français en matière de suicide tant dans les raisons qui poussent les personnes à passer à l’acte que dans le mode opératoire.

Bon après, c’est vrai que si tu bosses à la mairie de Clichy-la-Garenne, on peut supposer que tu vas vite en finir. Je rappelle qu’il y a 18 mois, un de ses employés municipaux s’était pendu dans les sous-sols de la mairie. Un tsunami de tentatives de suicide parmi ses collègues avait alors suivi, jusqu’au mois dernier, où une autre employée s’est immolée devant son lieu de travail. L’appel à l’aide est évident : il existe visiblement un mal-être à travailler pour cette mairie. Pour le moment personne ne semble prendre les choses en main. Dans cet exemple, c’est plutôt  fastoche de repérer les facteurs de déclenchement, mais tout le monde ne se suicide pas sur son lieu de travail.

C’est la principale difficulté que va rencontrer l’Observatoire National du Suicide : déterminer la raison du passage à l’acte. Car ce n’est pas dans le certificat de décès qu’ils trouveront l’info. Alors où ? Dans une éventuelle lettre de suicide ? Oserait-on imaginer que l’Observatoire puisse mener une campagne de publicité invitant les futurs suicidés à indiquer clairement les raisons de leur choix à des fins d’études ? « Dans le cadre d’une démarche citoyenne et pour une meilleur appréhension du suicide français, nous invitons les personnes suicidaires à venir au préalable motiver leur choix sur observatoiresuicides.fr, en remplissant un questionnaire à choix multiples qui nous permettra de récolter des données essentielles à notre mission». Une sorte de suicide 2.0 qui faciliterait grandement le travail de cet observatoire.

Et puis, logistiquement, ils vont le mettre où l’Observatoire National du Suicide ? En dessous des ponts ? Sur le quai des métros et des trains ? Près des compteurs à gaz ? Genre des mecs avec des jumelles dans des cabanes d’observation, façon ornithologues de la région des Grands Causses en Lozère ?

Parce qu’il faut également penser aux personnes qui vont travailler pour cet organisme et qui vont devoir expliquer leur métier lors de speed dating.
– Qu’est-ce tu fais dans la vie ?
« Je suis observateur de suicide. Je passe mes journées à étudier les gens qui se foutent en l’air. »
Il faudra certainement embaucher des profils type GO de l’UCPA pour travailler sereinement et dans la bonne humeur durant la phase de récolte d’informations, parce que sinon ils vont tous finir dépressifs, voire suicidaires… Un comble !

Car au final l’Observatoire National du Suicide remettra un rapport, que dis-je, un pavé imbuvable de 5000 pages qui nous dira si oui ou non la crise économique, la dégradation des conditions de vie, le manque de perspective d’avenir et l’augmentation de l’isolement ont eu un effet déclencheur (stimuli) dans le processus des suicides français. Ce rapport proposera enfin des solutions adaptées à une prévention de qualité qui conduira peut-être à une baisse du nombre de suicide. Pour rappel, le pays qui avait le taux de suicide le plus bas a connu en 2011 une explosion du nombre de suicidés, plus de 26%, du jamais vu selon l’Organisation Mondiale de la Santé. Ce pays c’est la Grèce, qui tente de survivre à la plus grande crise économique et sociale de son histoire.

Oh, c’est bon, c’est mon coté àquoiboniste qui vous écrit !

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