Sous aucun prétexte, ne renoncer à ses ex

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A chacun ses ex. Avec ceux qui n’ont jamais été extras, c’est facile de tourner la page vite fait, bien fait. La tâche est plus délicate lorsqu’ils ont été exquis. Laissons de côté les cas où la progéniture oblige à maintenir un lien. Quand on dresse l’inventaire, suffit-il d’avoir couché une fois, ou bien faut-il invoquer des sentiments, un bout de chemin commun ?

Que ce soit en série limitée, en tableau de chasse ou en collection très privée, ils comptent, forcément. «Personne n’échappe à ses ex, rappelle la psychanalyste Sophie Cadalen (1) pour la simple raison qu’ils nous ont «accompagnés, structurés, préparés à d’autres rencontres».

Une fois la rupture consommée, «chacun retricote l’histoire à sa façon», sans plus personne pour contredire cette version, poursuit la psychanalyste. C’est pratique, les ex. Dans une histoire naissante, terrifiés à l’idée de s’emballer trop vite, on peut monopoliser la conversation en parlant beaucoup d’eux, comme on brandit «un bouclier protecteur». Ou les conserver précieusement dans son cercle de proches, de peur qu’ils nous quittent un jour vraiment pour de bon… Certes pour aimer à nouveau, il faut savoir faire place nette. Mais pas nécessairement en les envoyant aux oubliettes.

(1) Ni Mars, ni Vénus, éditions Leduc.S, 2006

MARIE-JOËLLE GROS

Source : Libération

Françoise Hardy – Comment te dire adieu

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